PARIS, 4 juillet (Reuters) - La consommation d'électricité
en France restera stable ou baissera légèrement d'ici à 2035
malgré l'essor attendu de la voiture électrique, selon les
conclusions d'une étude prospective de la Commission de
régulation de l'énergie (CRE).
La CRE, qui souhaite "éclairer l'avenir de l'énergie en
France", estime en outre que des progrès technologiques couplés
à des offres tarifaires "attractives" doivent être envisagés dès
aujourd'hui pour permettre au réseau d'absorber le développement
de la mobilité électrique.
Trois millions de véhicules électriques seront en
circulation en France en 2035 selon une hypothèse basse et
jusqu'à 15 millions selon une hypothèse optimiste - contre
170.000 véhicules électriques ou hybrides rechargeables
actuellement - sous réserve d'une "augmentation drastique" des
points de charge.
Dans tous les cas, la baisse attendue de la demande
d'électricité dans la plupart des autres secteurs de
consommation conduit à rendre "tout à fait absorbable" la
gestion de la future demande induite par le développement du
véhicule électrique.
Selon les chiffres du gestionnaire des lignes à haute
tension RTE, cités par le régulateur, seul le scénario
"maximaliste" à 15 millions de véhicules électriques en 2035 se
traduirait par un regain de consommation totale d'électricité, à
un niveau qui resterait toutefois stable par rapport à
aujourd'hui.
EDF EDF.PA , dans le cadre de sa contribution au débat en
cours sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE),
avait de son côté fait savoir en mai qu'il prévoyait une faible
hausse de la consommation d'électricité en France au cours des
deux prochaines décennies, comprise entre 0 et 0,5% par an.
Dans une autre étude, la CRE a souligné que la question du
développement des énergies renouvelables - par nature
intermittentes - faisait du stockage à grande échelle, "à des
horizons temporels variés et à des coûts soutenables pour les
consommateurs", un enjeu majeur.
FAIRE ÉVOLUER LA RÉGULATION "À LA PAPA"
Alors que le stockage par batteries représente "l'avenir
immédiat", la CRE estime que le développement de solutions dites
de "power-to-gas" - pour produire de l'hydrogène décarboné,
voire du gaz propre à partir d'excédents des renouvelable -
"nécessitera un soutien financier massif des pouvoirs publics et
d'investisseurs privés".
Les voitures électriques pourraient en outre devenir "le
nouvel électroménager des consommateurs" grâce à des batteries
qui serviraient à stocker et déstocker de l'énergie, jouant
ainsi le rôle d'auxiliaires des réseaux électriques en absorbant
les excédents de production et en les restituant à la demande
lors des pics de consommation.
En matière de numérique, objet d'une troisième étude de la
CRE, le régulateur souligne que les fournisseurs d'énergie vont
devoir obtenir "le consentement éclairé du consommateur et son
engagement" et déployer des solutions "qui lèvent les obstacles
psychologiques face aux changements qui s'annoncent".
"La régulation doit évoluer, elle ne peut pas rester la
régulation 'à la papa' qui fixe les prix et qui détermine les
investissements sur les réseaux", a en outre déclaré à Reuters
Jean-François Carenco, le président de la CRE.
Selon le dirigeant, il s'agit de faire passer le pouvoir
"des gouvernants aux régulateurs" pour accélérer les prises de
décisions dans un secteur de l'énergie en mutation rapide, de
concevoir des réglementations territoire par territoire avant de
les étendre, ou encore de coordonner les réseaux de transport et
ceux de distribution.
(Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)
France-La voiture électrique ne fera pas bondir la consommation
information fournie par Reuters 04/07/2018 à 13:22
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